Fondé au XIIIe siècle sur l’emplacement d’un ancien prieuré bénédictin, le couvent des Cordeliers est l’un des plus anciens couvent franciscains de France. Siège de l’Université Européenne des Senteurs et Saveurs.

Historique du couvent des Cordeliers

Le couvent des Cordeliers est un couvent franciscain. Ce nom de cordeliers provient de la corde ceinturant la taille. Cette corde est nouée de 3 nœuds signifiant la pauvreté, l’obéissance et la chasteté.
Les moines ayant fait vœu de pauvreté, ils ne pouvaient se permettre de porter une ceinture en cuir.
L’ordre franciscain fut fondé à Assises par François (d’Assises !) en 1209. C’est un ordre mendiant comme les Carmes, les Augustins et les Dominicains.

Rapidement l’ordre se répandit dans toute l’Europe du sud et notamment en Provence où les Cordeliers s’installèrent à Forcalquier en 1236 sur des terres offertes par le comte, ce fut d’ailleurs l’un des premiers couvents franciscain fondé en Provence.

Ce bâtiment au Moyen Âge était situé hors des remparts de la ville dans une zone dangereuse. De cette implantation découle son histoire très mouvementée qui commença par une période de prospérité du XIIIe siècle au XVIe siècle environ. Environ 25 à 30 moines occupent le couvent pendant la période la plus faste.

Lors des guerres de religion, le couvent est pillé, l’église est transformée en temple. La misère de l’ordre s’accentue alors au XVIIe et XVIIIe siècles par les épidémies de peste. (1630 et 1720).

La Révolution ruina le couvent qui fut partiellement détruit. Les derniers frères sont expulsés (il n’en restait que 3…) Le couvent est vendu comme bien nationale en 1791 et va se transformer progressivement en ferme.

En 1960, une vaste restauration du couvent tombé dans l’oubli fut réalisée par Paulette Constant. Pour ce travail, elle obtint le prix des Chefs d’œuvres en péril et la classification du couvent sur la liste supplémentaire des Monuments historiques.

En 2007, la Ville de Forcalquier complète le remembrement de l’ensemble en faisant l’acquisition de l’aile nord-ouest qui a fait l’objet de la réhabilitation la plus importante. Au fil des ans, la propriété bâtie est complétée par l’acquisition des jardins attenants permettant en 30 ans, de recréer une unité foncière homogène autour du couvent des Frères Mineurs.
Depuis le deuxième trimestre 2009, le Couvent des Cordeliers s’est enrichi de nouveaux espaces et équipements spécialisés, grâce au concours de l’UESS (800 000 € net investis), de l’Union Européenne et du Conseil Régional PACA. 2500 m² de locaux répartis sur 6 niveaux sont distribués en espace différents : salles de formation, de réunion et d’exposition, bureaux.

L’originalité de lieu réside en son amphithéâtre d’analyse sensoriel unique en PACA. Créé dans une ancienne chapelle annexe du Couvent, celui-ci accueille, hormis un laboratoire de cuisine professionnel, 20 pupitres d’analyse sensorielle et permet à la fois de procéder à l’analyse sensorielle et à des tests consommateurs de liquides (vin, huiles…), d’aliments (denrées, plats cuisinés…), de parfums et compositions aromatiques.
Equipé d’orgues à parfums, cet espace permet la création de produits senteurs (eau de toilette, gel douche, parfums d’ambiance … ). Se voulant moderne tout en respectant l’identité du site, l’amphithéâtre est doté d’un équipement informatique à la pointe de la technologie offrant des conditions de travail optimales pour les professionnels de la filière senteurs-saveurs, les étudiants et les stagiaires que l’UESS reçoit tout au long de l’année.

Collections de plantes à parfum (pivoine, lys), rose centifolia et damaska, variétés oubliées de fruitiers, arbres et arbustes odorants peuplent le parc du couvent. Un véritable parcours sensoriel qui s’achève sur une explosion de senteurs au sein d’une roseraie aménagée avec le concours de la fondation l’Occitane.

Visite du couvent :

Le cloître
Celui-ci était couvert d’une charpente de bois dont ne subsistent que les corbeaux de pierre. La toiture reposait sur des colonnes de pierre aujourd’hui disparues.
Au centre du cloître se trouvait le cimetière des moines. Lors de la restauration en 1960, les ossements ont été rassemblés sous le calvaire. La dernière restauration accentue la spiritualité des lieux, lieu de méditation et du souvenir.
La façade nord-ouest
Remaniée au XIXe siècle. Les trois arcs romans (authentiques), éclairaient le parloir des moines. C’est aussi là que se trouvait la droguerie et la pharmacie des moines ainsi que l’hospitalité du couvent où l’on recevait et soignait les malheureux. C’était l’entrée du couvent.

La façade nord
Elle longe le réfectoire, c’est une vaste pièce qui servi souvent de lieu de réunion pour le conseil de ville. Elle comporte une seule porte, à droite, munie d’un linteau de porte Renaissance à triple accolade. Cette porte donne accès, par un escalier à vis, aux cellules des moines.

Sur la façade sud-est
La porte du chapitre avec son arc ogival, ses larges bandeaux piquetés et ses deux baies géminées datent du XIIIe siècle. À l’étage, des ouvertures du XIIIe siècle (les plus petites) pour éclairer le déambulatoire des moines où se trouvaient leurs cellules.
L’ouverture plus grande date du XIXe siècle, le bâtiment ne servant plus de couvent, on agrandi une fenêtre pour avoir plus de lumière.
Dans cette aile se trouvent aussi au rez-de-chaussée, la bibliothèque et le scriptorium, seule pièce chauffée du couvent.

Un mot sur les cellules, c’était de simples chambres, très modestes, desservies par un grand couloir donnant sur le cloître. Au XIIIe siècle, le confort était très rudimentaire : un lit de 3 planches, une paillasse et des couvertures, une table avec un siège, un récipient d’eau pour la toilette et un coffret pour les effets personnels.

La façade sud (1260)
Correspond à la nef d’une église construite après le couvent (1260-1290) et qui s’est effondrée totalement en 1850 par manque d’entretien.

Présence d’enfeus (tombes seigneuriales) avec le sarcophage dans la partie basse contenant la dépouille du seigneur et au-dessus le blason familial dont la plupart a été martelée à la Révolution. La niche est encadrée d’un arc gothique reposant sur des chapiteaux gothiques. Un seul blason est encore visible, celui de Dame Bérengère, qui dit :

« L’an du Seigneur 1280, aux calendes d’avril (premier jour), est morte la vénérable Dame Bérengère, seigneur du château de Saint-Maime. » Village situé à 8 km de Forcalquier.

La chapelle

Sous les enduits modernes, on a retrouvé une baie géminée qui, au XIIe siècle, éclairait la tribune. Cette tribune a été supprimée au XIVe siècle pour ajouter des cellules supplémentaires à l’étage. Contreforts modernes pour stabiliser l’édifice.

Église et façade Est du couvent, devant le chevet de l’église

L’entrée de l’église se faisait par le triple portail gothique côté rue. C’était une église d’architecture romane, toute simple, faisant 45 m de long, formée par la nef et le chœur, séparé par un arc triomphal soutenu par une triple colonne encore visible. La nef était charpentée. L’église se termine devant nous par le chevet plat et deux contreforts en diagonale.

Le blason (moderne) derrière l’église
Don de Paulette Constant, et d’après elle :

La main vêtue est celle de Saint-François
La main dévêtue est celle de Jésus
Au-dessus, le T (tau grec), utiliser par saint François pour baptiser (symbole de la croix). La couronne des comtes de Forcalquier.

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Accès libre.

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Toute l’année, tous les jours.

Couvent des Cordeliers
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Updated on 20/11/2020 – Office de tourisme intercommunal Pays de Forcalquier-Montagne de Lure – Suggest an edit